Les pensions complémentaires Agirc-Arrco augmenteront au plus de 1,9 % en novembre
Les salaires progressent trop lentement pour suivre les prix, et la règle du régime bride la revalorisation des pensions complémentaires du secteur privé.
En bref
- Une éventuelle revalorisation des retraites complémentaires du privé, prévue au 1er novembre, ne pourra pas dépasser 1,9 %.
- Le plafond vient du lien fixé par l’accord de 2023 entre pensions et évolution des salaires.
- Le niveau exact devait être arrêté le 14 octobre par le conseil d’administration du régime.
Si vous touchez une retraite complémentaire de l’Agirc-Arrco, votre pension ne pourra pas progresser de plus de 1,9 % au 1er novembre. Ce plafond découle des règles de fonctionnement du régime qui couvre les anciens salariés du privé, et il ne s’agit pas d’une hausse acquise : le chiffre marque seulement le maximum possible.
Un plafond constaté début octobre
C’est le bureau de l’instance qui a pris acte qu’aucun relèvement supérieur n’était envisageable. D’après des sources syndicales, ce constat a été dressé lors d’une réunion tenue le mercredi 7 octobre, ce qui confirme ce qu’avaient rapporté Les Échos. La décision proprement dite revenait ensuite au conseil d’administration, dont la réunion était programmée le 14 octobre pour arrêter le niveau exact de l’éventuelle revalorisation.
Pour un foyer qui prépare son budget de fin d’année, la nuance compte : tant que ce conseil ne s’est pas prononcé, le montant réellement appliqué peut se situer sous ce seuil, voire être nul.
Pourquoi les salaires freinent les pensions
La mécanique remonte à un accord national interprofessionnel signé le 5 octobre 2023. Ce texte permet de faire évoluer la valeur de service du point, celle qui sert à calculer votre pension, au niveau de la dernière prévision d’inflation hors tabac de l’année, ou en dessous, avec un écart pouvant aller jusqu’à 0,8 point.
Sur le papier, l’inflation prévue aurait donc autorisé une hausse un peu plus forte. Mais l’accord comporte un second verrou : les pensions ne doivent pas grimper plus vite que les salaires. Or les services du régime ont communiqué aux syndicats et au patronat une estimation de l’évolution du salaire moyen par tête, ou SMPT, qui s’établit au même niveau que le plafond. Selon une source interne citée par Merci pour l’info, ce calcul repose sur la moyenne des prévisions du gouvernement et des institutions européennes.
| Repère | Ce qu’il fixe | Date |
|---|---|---|
| Accord national interprofessionnel | Évolution du point liée à l’inflation hors tabac, sans dépasser les salaires | 5 octobre 2023 |
| Note de conjoncture de l’Insee | Prévision d’inflation hors tabac pour l’année | 10 septembre |
| Réunion du bureau | Constat du plafond | 7 octobre |
| Conseil d’administration | Niveau de l’éventuelle hausse | 14 octobre |
Concrètement, même au maximum, votre pension complémentaire progresserait légèrement moins vite que les prix attendus.
Le souvenir du gel de 2025 et les positions syndicales
L’an dernier, les représentants patronaux s’étaient opposés aux demandes de revalorisation formulées par les syndicats. Ce gel, qui allait à l’encontre des règles du régime, a fait reculer les pensions par rapport à l’inflation.
« C’est un niveau insuffisant par rapport au gel de l’année dernière et des faibles revalorisations des années précédentes »
Denis Gravouil, membre du bureau confédéral de la CGT
Une hausse n’était d’ailleurs pas garantie avant le conseil. Côté CFDT, Fabien Guimbretière, secrétaire national, reconnaissait ignorer la ligne qu’adopterait le patronat : « Nous n’avons pas de vision sur les postures, les attitudes du patronat ».
La CGT, de son côté, a prévu des rassemblements et plaide pour un accord politique, conclu en dehors des règles habituelles du régime, afin de compenser le gel subi en 2025.
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